Et tu transformeras le plomb en or

Boris Cyrulnik, psychiatre et neurologue, déplore la prescription abusive de psychotropes, « témoin de notre défaillance culturelle ». Nous cherchons dans la substance un apaisement, lorsque le lien, nourriture nécessaire à notre équilibre, vient à manquer. Pour lui, l’oeuvre d’art, comme le geste de solidarité affective par exemple, est un « tranquillisant naturel pour l’homme » qui « brise la solitude et permet de donner du sens à la vie ».

Fruit d’une alchimie qui transforme la violence des pulsions de vie et des angoisses existentielles en beauté, on comprend pourquoi l’art est si nécessaire aux artistes et à la société.

L’artiste, pour s’exprimer, cherche à être en prise directe avec son inconscient. Ce faisant, il rencontre le trouble, la joie, le tourment, ce bouillonnement d’énergie des pulsions de mort et des pulsion de vie.  Or cette énergie est canalisée à travers la forme. Dans un travail qui va bien au-delà de ses états d’âme, l’artiste est dans un geste authentique, obligé de se détacher du narcissisme et de l’ego. Ce processus est tangible chez Jérôme Bosch. Il ne transige pas avec ses démons intérieurs. Il se donne le droit de tout dire, même l’abominable…. mais dans une forme qui est une fête pour les yeux.

Jérôme Bosch, le Jardin des délices, Panneau central du triptyque, Madrid Museo del Prado

Jérôme Bosch, le Jardin des délices, Panneau central du triptyque, Madrid Museo del Prado

Jérôme Bosch, Le Jugement dernier, Groeningemuseum, Bruges

Jérôme Bosch, Le Jugement dernier, Groeningemuseum, Bruges

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